La Conformité aux Lois
L'écologie ou, plus précisément ici, la vie écologique, c’est-à-dire un mode de vie écologique, c’est quoi?
C’est, tout simplement, une formulation moderne, partant d’en bas, de la Conformité aux Lois de la Nature.
Que cela plaise ou non, les Lois existent et personne ne peut le{s} nier. Tout En Haut, en fait, il n’y en a qu’Une, mais les effets de cette Loi Unique, en se ramifiant vers le bas, se diversifient toujours plus, de sorte que ce qui est Un au Sommet devient jusqu’à Mille tout en bas. (Par exemple, dans la formulation remontante: «Et Mille Ans sont comme un Jour!»[1])
Lorsque nous nous tenons tout en bas, dans la matière, il y a donc beaucoup plus de Lois à reconnaître que lorsque nous nous tenons tout en haut (= le plus haut pour nous).
Notre examen et notre réflexion «écologiques», ici, partent donc d’en bas pour remonter vers l’Uni{ci}té première. À l’inverse, le point de vue spirituel des spiritualités et des religions part du haut et s’efforce de déterminer, à partir de là, un comportement pour en bas.
Mais ce qui nous intéresse ici c’est d’observer les comportements de ceux qui partent d’en haut, les présumés «spirituels», par comparaison avec ceux qui partent d’en bas les seuls «écologi/ques/stes».
Il y a aussi des spirituels écologiques ou des écologiques spirituels, mais ceux-là sont beaucoup plus rares.
Dans les écologi/stes/ques l’on pourrait encore déterminer les seuls théoriciens (écologistes vivant en appartement en ville et limitant leur activité écologique concrète à arroser leurs plantes vertes sur leur balcon) de ceux qui vivent réellement dans les «boutoucoats»[2], c’est-à-dire les pieds et le reste dans la glaise.
La démarche écologique est, certes, plus modeste que la démarche spirituelle, mais elle est souvent aussi plus authentique, parce que l’écologie n’a pas, derrière elle, comme la religion, des siècles et des millénaires d’hypocrisie.
Que peut-on, parfois, reprocher à la démarche exclusivement écologique ou plutôt à une partie de ses adeptes? De ne pas remonter assez haut dans la chaîne des causes, de sorte à vouloir s’arrêter aux limites de la matière et de l’appréhension exclusivement intellectuelle. Ils ont, certes, les pieds dans la glaise, mais ils ne veulent pas regarder en direction du Ciel.
Mais, à l’inverse, que peut-on reprocher à la démarche spirituelle ou plutôt au comportement de la très grosse partie de ses adeptes ? De ne pas descendre assez bas dans leur démarche, de sorte à vouloir se borner à planer dans les sphères de l’esprit sans véritable connexion avec le réel de leur vie quotidienne. Bref, de refuser le réel de la Terre, de manquer de Cohérence.
Ceci nous amène à dire qu’entre le partisan sincère et actif d’une vie écologique et le «planeur spirituel» refusant, au nom de celui-ci, d’incarner son présumé Idéal dans la réalité matérielle concrète nous préférons miser sur l’«écologique», parce que sa sincérité et sa volonté de cohérence le conduiront nécessairement, un jour, à reconnaître aussi la Réalité spirituelle qui, à l’envers de la tapisserie, sous-tend la Démarche proprement écologique.
Du fait que les «spiritualistes» ont souvent beaucoup reçu mais donnent peu, l’inverse est beaucoup moins assuré. Car, souvent, ce sont des «Schwärmer»[3], c’est-à-dire, en français, des rêveurs exaltés. Prompts à s’enthousiasmer pour des rêveries, leurs chimères demeurent en l’état et débouchent rarement sur l’épreuve de l’action.
Ils préfèrent adorer Dieu dans leur tour d’ivoire, mais ils oublient que la véritable Adoration de Dieu ne s’exprime fondamentalement pas par des torsions de mains et des génuflexions mais bien par l’Action consciente et reconnaissante au Service de la Volonté parfaite du grand Créateur de Tout ce qui existe.
Le grand poète-écrivain Victor Hugo l’avait parfaitement compris lorsqu’il disait: «Accepte, ô mon Dieu, mon travail pour Prière».
Car la Démarche authentiquement spirituelle inclut tout naturellement (c’est le cas de dire!) toutes les dimensions et tous les aspects de l’existence, y compris les plus terrestres, et lorsque l’être – le germe d’esprit en cours d’évolution – est incarné dans la chair, son mode de vie, s’il veut être réellement spirituel, doit, lui aussi, être rigoureusement conforme aux Lois.
Considérons donc, maintenant, de plus près, un être se considérant comme spirituel et croyant en Dieu.
Il pratique, certes, un culte dominical, mais que fait-il le restant de la semaine?
Un peu de Métaphysique…
[1] « Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c'est que, devant le Seigneur, un Jour est comme Mille Ans, et Mille Ans sont comme un Jour ». - Deuxième épître de Pierre – Verset 8 -.
[2] «sabot(s)» en langue bretonne.
[3] Mot allemand signifiant quelque chose comme «bourdonnant comme un essaim d’abeilles».
[4] En langue allemande: «Gesetzmäßigkeit», un seul mot.
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