Un Idéal de Vie Juste


"Des Idéaux élevés sont donnés à l'être humain.

Ils dorment dans la profondeur de son âme.
Réveillez-les!
Ne refoulez aucun de ces Elans,
ils vous combleront de Félicité."



"Tout ce qui se garde pur ou tend vers la Pureté
mérite d'être aimé.
"
Samedi 3 février 2007

Devenir Lucide & Voir Clair

dans le monde actuel 

 

Bienvenue à vous!,

cher Visiteur, chère Visiteuse...

 

Tout va-t-il bien pour vous?

 

La vie est-elle belle?

 
«Tout va très bien , Madame la  Marquise, tout va très bien…
L’on déplore juste de tous petits riens…»
(Chanson populaire)
 

«Examinez toutes choses,

et retenez ce qui est bon!»

(La Bible - 1 Thessaloniciens V,21)

 

 
à quoi voulez-vous passer votre vie?
 

AVERTISSEMENT

 
«Dans les temps de tromperie universelle,
dire la Vérité devient un acte révolutionnaire

- éric Blair, alias George Orwell, auteur du roman «1984» -

 

Voulez-vous vraiment voir clair?
Ou préférez vous ne pas voir
le psychiatre nu?
 
«Tous les êtres humains trébuchent un jour sur la vérité.
La plupart se relèvent rapidement,
secouent leurs vêtements
et retournent à leurs préoccupations,
comme si de rien n'était.»

- Winston Churchill, Premier Ministre de la Grande-Bretagne -

(de 1940 à 1945 et de 1951 à 1955)

 

La Vérité vous intéresse-t-elle?

Oui! Alors, lisez la suite!

 

 


Préambule

Sachez, tout d’abord que le présent Dossier
ne fait ni dans le surnaturel ni dans la mystique,
mais ne présente que des faits terrestrement vérifiables
par tout esprit réellement objectif, mûr pour la vérité.
Il comporte de nombreux liens vers de nombreux sujets,
dont un examen convenable nécessite des centaines d’heures
Alors un bon conseil à vous qui, à l’inverse de la masse conditionnée,
n’êtes pas superficiel(le) et vous donnez la peine d’un examen personnel:
Avec persévérance, revenez souvent au présent fil conducteur,
et, en prenant le temps qu’il faut, examinez à fond chaque lien…,
tout en sachant bien qu’une page ici citée à l’appui
ou en démonstration de ce qui est affirmé dans le présent écrit
ne signifie nullement la totale caution de tout ce qui peut être dit
par ailleurs dans ces mêmes sites et/ou par ces mêmes auteurs!!!
Ne videz pas l’enfant avec l’eau du bain!
Et faites toujours preuve de discernement!!!
Vous n’êtes pas au bout de vos découvertes!
Ni de vos salutaires remises en question
C’est votre survie spirituelle et terrestre qui est en jeu!!!

 


 

Certes, la Liberté de Penser,

mais surtout celle de Ressentir!

 

«à chacun sa façon de voir!» dit-on.
Oui, bien sûr!,
 Chacun croit, comme le chanteur d’une célèbre chanson,
 avoir intégralement sa «liberté de penser»
ce qui n’empêche pourtant pas de «se faire avoir»,
car la véritable Liberté de l’esprit repose encore plus profondément
dans l’être humain que dans sa pensée conditionnable
Alors, «tout va-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes»,
comme le croyait le «Candide» de Voltaire?
Que chacun soit «libre»,
n’est-ce pas ce qui est dit dans les journaux?
Pourtant:

 

«L'écrivain et le journaliste se croient et se disent libres.
Ils ne le sont pas.

La liberté d'expression de leur pensée est limitée par la volonté

des dirigeants du journal ou de la revue ou de la maison d'édition.

Et ses dirigeants sont soit des membres de la féodalité financière

 soit ses employés.»

-   A. Hamon: «Les Maîtres de la France» -

 

Mais non, mais non ... cela ne va pas bien du tout
 et, dans le fond, vous le savez déjà!,
car il y a, tout au fond de vous - écoutez bien! -,
une petite voix qui vous le dit, et cette petite voix intérieure
 c’est celle, oui, de votre … inaliénable conscience!
celle qui est l’écho de votre, à jamais inextinguible,
Nostalgie de la Lumière!

Alors il va bien falloir se rendre à l´évidence,
bien ouvrir ses yeux et ses oreilles,
ressentir tout au fond de soi pour y voir clair.
prendre conscience des craintes, des peurs, des mensonges
sournoisement générés par des groupes d’individus
ne méritant plus, tant ils sont devenus inhumains,
 le beau nom – le quel veut être gagné - d’êtres humains
et dont le but n’est autre que la destruction de la Vie sur Terre.
Ce sont, en fait, consciemment ou non, des serviteurs de l'ombre.

Remplir le monde de confusion et de chaos ne leur suffit pas.
Ce n’est qu’un moyen pour un but bien plus extrême que ça!
Ce qu’ils veulent c’est votre total asservissement,
c’est vous entraîner avec eux dans leur ténébreux repaire,
et, pour finir, ce qu’ils veulent, oui, c’est votre perte!

En doute{rie}z-vous? Alors, pour en avoir le cœur net…

 

Conférence

"Devenir Lucide et Voir Clair"

Maison de L'Art de Vivre

Vendredi 3 Février 2007 à 17 Heures.

 


 


Par Art de Vivre Juste - Publié dans : Conformité aux Lois
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Lundi 22 janvier 2007

LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE

Henry David Thoreau

 - Extraits 2/2 -


Si quelqu’un vivait en se passant totalement d’argent, l’État lui-même hésiterait à lui en réclamer.

Le riche — sans que l’envie me dicte aucune comparaison — est toujours vendu à l’institution qui l’enrichit.

«Plus on a d’argent, moins on a de vertu», car l’argent s’interpose entre un homme et ses objectifs pour les réaliser et il n’a sûrement pas fallu une grande vertu pour s’enrichir ainsi.

L’argent met sous le boisseau nombre de questions auxquelles l’on serait autrement forcé de répondre, alors que la seule question neuve qu’il soulève, abrupte et superflue, c’est «comment le dépenser». Ainsi le point d’appui moral s’effondre à la base.

Les occasions de vivre diminuent en raison de l’augmentation de ce que l’on appelle les «moyens».

La meilleure chose qu’un homme puisse faire pour sa culture, lorsqu’il est devenu riche, c’est d’essayer de réaliser les idéaux qu’il entretenait lorsqu’il était pauvre.

Le Christ répondait aux Hérodiens selon leur condition: «Montrez-moi l’argent du tribut», leur dit-Il. Et comme l’un d’eux tirait un denier de sa poche: «Si vous vous servez d’une monnaie qui porte l’effigie de César et auquel César a donné cours et valeur, c’est-à-dire si vous êtes gens de l’État et bien aises de jouir des avantages du gouvernement de César, alors payez-le dans sa monnaie quand il le réclame: «Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu!», les laissant ainsi guère plus éclairés qu’avant pour saisir la différence, car ils ne désiraient pas la connaître.

En m’entretenant avec les plus affranchis de mes concitoyens, je m’aperçois qu’en dépit de tous leurs propos concernant l’importance et la gravité de la question, et leur souci de la tranquillité publique, le fort et le fin de l’affaire c’est qu’ils ne peuvent se passer de la protection du gouvernement en place et qu’ils redoutent les effets de leur désobéissance sur leurs biens ou leur famille.

Pour mon compte personnel, il ne me plairait pas de penser que je doive m’en remettre à la protection de l’État; mais si je refuse l’autorité de l’État lorsqu’il me présente ma feuille d’impôts, il prendra et dilapidera tout mon avoir, me harcelant moi ainsi que mes enfants, à n’en plus finir. Cela est dur, cela enlève à un homme toute possibilité de vivre normalement et à l’aise — j’entends, sur le plan matériel -. À quoi bon accumuler des biens quand on est sûr de les voir filer?

Il faut louer quelques arpents, bien s’y installer et ne produire qu’une petite récolte pour la consommation immédiate.

L’on doit vivre en soi, ne dépendre que de soi, et, toujours à pied d’œuvre et prêt à repartir, ne pas s’encombrer de multiples affaires.

«Si un État est gouverné par les principes de la raison, pauvreté et misère sont des sujets de honte; si un État n’est pas gouverné par les principes de la raison, richesses et honneurs sont des sujets de honte.»

Il m’en coûte moins, à tous les sens du mot, d’encourir la sanction de désobéissance à l’État, qu’il ne m’en coûterait de lui obéir. J’aurais l’impression, dans ce dernier cas, de m’être dévalué.

Voici quelques années, l’État vint me requérir au nom de l’Église de payer une certaine somme pour l’entretien d’un pasteur dont, au contraire de mon père, je ne suivais jamais les sermons. «Payez», disait-il, «ou vous êtes sous les verrous.» Je refusai de payer. Malheureusement, quelqu’un d’autre crut bon de le faire pour moi. Je ne voyais pas pourquoi l’on devait imposer au maître d’école l’entretien du prêtre et pas au prêtre, celui du maître d’école, car je n’étais pas payé par l’État. Je gagnais ma vie par cotisations volontaires. Je ne voyais pas pourquoi mon établissement ne présenterait pas aussi sa feuille d’impôts en faisant appuyer ses exigences par l’État à l’imitation de l’Église. Toutefois, à la prière du Conseil Municipal, je voulus bien condescendre à coucher par écrit la déclaration suivante: «Par le présent acte, je, soussigné, Henry Thoreau, déclare ne pas vouloir être tenu pour membre d’une société constituée à laquelle je n’ai pas adhéré.» Je confiai cette lettre au greffier qui l’a toujours ; l’État ainsi informé que je ne souhaitais pas être tenu pour membre de cette Église, n’a jamais depuis lors réitéré semblables exigences, tout en insistant quand même sur la validité de sa présomption initiale. Si j’avais pu nommer toutes les Sociétés, j’aurais signé mon retrait de chacune d’elles, là où je n’avais jamais signé mon adhésion, mais je ne savais où me procurer une liste complète.

Je n’ai payé aucune capitation depuis six ans; cela me valut de passer une nuit en prison; tandis que j’étais là à considérer les murs de grosses pierres de deux à trois pieds d’épaisseur, la porte de bois et de fer d’une épaisseur d’un pied et le grillage en fer qui filtrait la lumière, je ne pus m’empêcher d’être saisi devant la bêtise d’une institution qui me traitait comme un paquet de chair, de sang et d’os, bon à être mis sous clef. Je restais étonné de la conclusion à laquelle cette institution avait finalement abouti, à savoir que c’était là le meilleur parti qu’elle pût tirer de moi; il ne lui était jamais venu à l’idée de bénéficier de mes services d’une autre manière. Je compris que, si un rempart de pierre s’élevait entre moi et mes concitoyens, il s’en élevait un autre, bien plus difficile à escalader ou à percer, entre eux et la liberté dont moi, je jouissais. Pas un instant, je n’eus le sentiment d’être enfermé et les murs me semblaient un vaste gâchis de pierre et de mortier. J’avais l’impression d’être le seul de mes concitoyens à avoir payé l’impôt. De toute évidence, ils ne savaient pas comment me traiter et se comportaient en grossiers personnages. Chaque menace, chaque compliment cachait une bévue; car ils croyaient que mon plus cher désir était de me trouver de l’autre côté de ce mur de pierre. Je ne pouvais que sourire de leur empressement à pousser le verrou sur mes méditations qui les suivaient dehors en toute liberté, et c’était d’elles, assurément, que venait le danger. Ne pouvant m’atteindre, ils avaient résolu de punir mon corps, tout comme. des garnements qui, faute de pouvoir approcher une personne à qui ils en veulent, s’en prennent à son chien. Je vis que l’État était un nigaud, aussi apeuré qu’une femme seule avec ses couverts d’argent, qu’il ne distinguait pas ses amis d’avec ses ennemis, et perdant tout le respect qu’il m’inspirait encore, j’eus pitié de lui.

L’État n’affronte jamais délibérément le sens intellectuel et moral d’un homme, mais uniquement son être physique, ses sens. Il ne dispose contre nous ni d’un esprit ni d’une dignité supérieurs, mais de la seule supériorité physique.

Je ne suis pas né pour que l’on me force. Je veux respirer à ma guise.

Seuls peuvent me forcer ceux qui obéissent à une Loi supérieure à la mienne.

Je n’ai pas entendu dire que des hommes aient été forcés de vivre comme ceci ou comme cela par des masses humaines — que signifierait ce genre de vie?

Lorsque je rencontre un gouvernement qui me dit: «La bourse ou la vie!», pourquoi me hâterais-je de lui donner ma bourse? Il est peut-être dans une passe difficile, aux abois; qu’y puis-je? Il n’a qu’à s’aider lui-même, comme moi. Pas la peine de pleurnicher. Je ne suis pas responsable du bon fonctionnement de la machine sociale. Je ne suis pas le fils de l’ingénieur.

Je m’aperçois que si un gland et une châtaigne tombent côte à côte, l’un ne reste pas inerte pour céder la place à l’autre; tous deux obéissent à leurs propres lois, germent, croissent et prospèrent de leur mieux, jusqu’au jour où l’un, peut-être, étendra son ombre sur l’autre et l’étouffera.

Si une plante ne peut vivre selon sa nature, elle dépérit ; un homme de même.

Je n’ai jamais refusé de payer la taxe de voirie, parce que je suis aussi désireux d’être bon voisin que je le suis d’être mauvais sujet; et quant à l’entretien des écoles, je contribue présentement à l’éducation de mes concitoyens.

Ce n’est pas sur un article spécial de la feuille d’impôts que je refuse de payer. Je désire simplement refuser obéissance à l’État, me retirer et m’en désolidariser d’une manière effective.

Je ne me soucie point de suivre mon dollar à la trace — si cela se pouvait — tant qu’il n’achète pas un homme ou un fusil pour tirer sur quelqu’un, le dollar est innocent — mais il m’importe de suivre les effets de mon obéissance. En fait, je déclare tranquillement la guerre à l’État, à ma manière à moi, mais bien décidé à tirer tout le parti possible de cet état de choses: à la guerre comme à la guerre.

S’il en est pour payer l’impôt que l’on me réclame, par solidarité envers l’État, ils ne font que continuer sur leur lancée, et même ils favorisent l’injustice dans une plus large mesure que l’État ne le requiert.

L’on ne saurait trop rester sur ses gardes, pour éviter que l’entêtement ou le respect indû pour l’opinion du monde ne déforme nos actes.

Veillons à ne faire que ce qui nous convient personnellement à un moment donné.

Si je pouvais me convaincre que j’ai tout lieu d’être satisfait des hommes tels qu’ils sont, tout lieu de les traiter en conséquence, et non point à certains égards, selon ce que j’exige et ce que j’attends d’eux et de moi, alors, en bon Musulman et en fataliste, je m’efforcerais de me contenter de l’état de fait, me disant que telle est la Volonté de Dieu.

Il y a une différence entre résister à la Volonté Divine et résister à une force purement aveugle et naturelle: c’est qu’à cette dernière je puis m’opposer; mais je ne saurais espérer, nouvel Orphée, changer la nature des rocs, des arbres et des bêtes.

Tout comme nos parents, aimons notre pays. Et s’il advient, un jour, que nous lui refusions l’hommage de l’amour ou celui du labeur, veillons bien aux effets, et tâchons que ce soit de par notre âme et non de par quelque appétit de règne ou de profit.

Le gouvernement ne me soucie guère et je ne veux lui accorder que le minimum d’attention.

Rares sont les moments où je vis sous un gouvernement, ici-bas.

Si un homme a l’esprit libre, le cœur libre et l’imagination libre, ce qui n’est pas, n’ayant jamais longtemps l’apparence d’être à ses yeux, les gouvernants ou les réformateurs sans sagesse, ne peuvent sérieusement menacer son repos.

La vérité du juriste n’est pas la Vérité: elle n’est que cohérence et opportunisme cohérent.

La Vérité est toujours en harmonie avec elle-même et ne se préoccupe pas, en premier lieu, de révéler la justice que l’on va accorder avec le méfait.

Ceux qui ne connaissent pas de Sources de Vérité plus pures, pour n’avoir pas remonté plus haut son cours, défendent — et ils ont raison — la Bible et la Constitution; ils y boivent avec vénération et humilité; mais ceux qui voient la Vérité ruisseler dans ce lac, cet étang, se ceignent les reins de nouveau et poursuivent leur pèlerinage vers la Source Originelle.

Aucun homme doué d’un génie de législateur n’est apparu en Amérique. De tels êtres sont rares dans l’histoire du monde. Des orateurs, des politiciens et des rhétoriciens, il s’en trouve à foison. Mais il n’a pas encore ouvert la bouche pour parler, celui qui est capable de trancher les questions tant débattues d’aujourd’hui.

Nous aimons l’éloquence pour l’éloquence et non pour la vérité qu’elle peut énoncer ou l’héroïsme qu’elle peut inspirer.

Il y a 1800 ans — je n’ai peut-être pas le droit de le dire — que le Nouveau Testament a été écrit; pourtant, où est le législateur doué d’assez de sagesse et de réalisme pour profiter de la Lumière que cet Enseignement jette sur la Législation?

L’autorité du gouvernement, même de celui auquel je veux bien me soumettre — car j’obéirai de bon cœur à ceux qui ont des connaissances et des capacités supérieures aux miennes et, sur bien des points, même à ceux qui n’ont ni ces connaissances ni ces capacités — cette autorité est toujours impure.

En toute justice, elle [l’autorité du gouvernement] doit recevoir la sanction et l’assentiment des gouvernés. Elle ne peut avoir sur ma personne et sur mes biens d’autre vrai droit que celui que je lui concède.

L’évolution de la monarchie absolue à la monarchie parlementaire, et de la monarchie parlementaire à la démocratie, montre une évolution vers un respect véritable de l’individu.

Le philosophe chinois lui-même avait assez de sagesse pour considérer l’individu comme la base de l’Empire.

La démocratie, telle que nous la connaissons, est-elle l’aboutissement ultime du gouvernement? Ne peut-on franchir une nouvelle étape vers la reconnaissance et l’établissement des droits de l’homme?

Jamais il n’y aura d’État vraiment libre et éclairé, tant que l’État n’en viendra pas à reconnaître à l’individu un pouvoir supérieur et indépendant d’où découlerait tout le pouvoir et l’autorité d’un gouvernement prêt à traiter l’individu en conséquence.

Je me plais à imaginer un État, enfin, qui se permettrait d’être juste pour tous et de traiter l’individu avec respect, en voisin; qui même ne trouverait pas incompatible avec son repos que quelques-uns choisissent de vivre en marge, sans se mêler des affaires du gouvernement ni se laisser étreindre par lui, du moment qu’ils rempliraient tous les devoirs envers les voisins et leurs semblables. Un État, qui porterait ce genre de fruit et accepterait qu’il tombât, sitôt mûr, ouvrirait la voie à un État encore plus parfait, plus splendide, que j’ai certes imaginé mais encore vu nulle part.


 

Partie 1/2 des Extraits de

"La Désobéissance civile"

de Henry David Thoreau


Pour aller encore plus loin
sur la voie de la désobéissance civique,
n'hésitez pas à cliquer sur:

http://www.desobeir.net/

Par Art de Vivre Juste - Publié dans : L'Art de Vivre Juste
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Dimanche 21 janvier 2007
Le Devoir de Désobéir



Face à l'Être humain individuel il y a l'Etat.
Le mot "Etat" évoque un Absolu quasi divin. "L'Etat, c'est moi", disait le Roi-Soleil, Louis XIV.
L'Etat devrait, en effet, être la représentation sur Terre de l'Être Absolu. Car l'Etat découle de l'Être mais n'est pas l'Être ("Etat" est seulement en relation directe avec le participe présent "Etant" et non avec l'infinitif "Être").

Mais, en réalité, cela ne peut exister que dans le cas d'un Etat Théocratique. En dehors de cela, dans les actuels systèmes de gouvernement dits "démocratiques" (même lorsqu'ils sont encore aussi dits "monarchiques") l'Etat ne représente, aujourd'hui, généralement, que la collectivité face à l'Individu. L'Etat trouve alors, en principe, sa justification dans l'existence de la collectivité (composée des autres individus) se garantissant face à l'Individu et en particulier des individus possiblement malveillants.

Si l'Etat est fort - ce qui est souvent le cas! -, l'Être humain individuel, même totalement paisible et non-violent, peut alors s'en trouver écrasé et même broyé. C'est la raison pour laquelle beaucoup d'êtres humains individuels - presque tous - s'efforcent de composer avec l'Etat. Ceux qui ne le font pas s'exposent, bien souvent, à de dures représailles.

Pourtant, sur Terre, - les mots eux-mêmes l'indiquent - l'Être (même simplement humain) est supérieur à l'Etat, car l'Etat ne résulte lui-même que de la conscience d'un être-ensemble, sur un territoire déterminé, de nombreux Êtres visant à une façon d'Être-Ensemble qui soit policée. Le mot "policé" signifie simplement ici non la "police" au sens courant mais la vie dans la Polis c'est-à-dire dans la Cité. C'est cela la Politique: la vie dans la Cité. Quant à la conscience de l'être-ensemble elle n'est pas la Conscience elle-même, car le cœur d'une telle Conscience ne peut, en fait, résider que dans l'Individu.

De façon générale, même dans les états dits "démocratiques", en une quasi-mutilation psychique, dès sa naissance, le nouveau-né se trouve happé par les rouages d'un puissant Etat. Sans lui demander son avis, il est inscrit à l'Etat-Civil, souvent vacciné, et dès son plus jeune âge, envoyé dans un système scolaire largement contrôlé par l'Etat, où sévit, le plus souvent, à défaut de réelle formation, un redoutable formatage institutionnel, où, par une instruction quasi-exclusivement intellectuelle, excluant la réflexion morale - laquelle est d'essence spirituelle - on le conditionne à docilement accepter les diverses futures exigences de l'Etat sur lui, dont la moindre n'est pas l'impôt, dont le nom lui-même indique clairement lui-même le caractère arbitrairement imposé. D'autres sont le recensement, le service militaire obligatoire, l'assujettissement à des dizaines de milliers de règlements complexes, etc.

Ce qui est grave c'est lorsque la forte pression - largement inconsciente chez de nombreux êtres humains - exercée par l'Etat sur l'Individu tient lieu de conscience à cet Individu, laquelle ne peut pourtant être qu'individuelle. Lorsque la pression étatique existe déjà sur l'enfant avant même qu'il ne soit devenu l'adolescent en train de prendre conscience du monde qui l'entoure, alors il se trouve comme dans un sac ligoté à son sommet, avant même d'avoir pu sortir sa tête du dit sac pour regarder comment c'est réellement à l'extérieur!

Dans ces conditions, que reste-t-il à l'Individu, que reste-t-il de l'Individu? C'est tout le mérite de Henry David Thoreau d'avoir non seulement soulevé ces graves questions mais de s'être efforcé de clairement et courageusement prendre position et même au prix de la prison. L'on peut en juger en prenant connaissance, au moins en partie, de son célèbre écrit ayant notamment inspiré le grand écrivain russe Léon Tolstoï ainsi que le célèbre homme d'état, apôtre de la non-violence active, le Mahâtma (= la grande âme) Gandhi:



LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE

Henry David Thoreau

- Extraits 1/2 -

 

De grand cœur, j’accepte la devise: «Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins».

Le gouvernement le meilleur est celui qui ne gouverne pas du tout et lorsque les hommes y seront préparés, ce sera le genre de gouvernement qu’ils auront.

Tout gouvernement n’est au mieux qu’une «utilité» mais la plupart des gouvernements, d’habitude, et tous les gouvernements, parfois, ne se montrent guère utiles.

Le gouvernement est une «utilité» grâce à laquelle les hommes voudraient bien arriver à vivre chacun à sa guise, et, comme on l’a dit, plus il est utile, plus il laisse chacun des gouvernés vivre à sa guise.

Le commerce et les affaires s’ils n’avaient pas de ressort propre, n’arriveraient jamais à rebondir par-dessus les embûches que les législateurs leur suscitent perpétuellement et, s’il fallait juger ces derniers en bloc sur les conséquences de leurs actes, et non sur leurs intentions, ils mériteraient d’être classés et punis au rang des malfaiteurs qui sèment des obstacles sur les voies ferrées.

Pour parler en homme pratique et en citoyen, au contraire de ceux qui se disent anarchistes, je ne demande pas d’emblée «point de gouvernement», mais d’emblée un meilleur gouvernement.

Que chacun fasse connaître le genre de gouvernement qui commande son respect et ce sera le premier pas pour l’obtenir.

La raison pratique pour laquelle, le pouvoir une fois aux mains du peuple, l’on permet à une majorité de régner continûment sur une longue période ne tient pas tant aux chances qu’elle a d’être dans le vrai, ni à l’apparence de justice offerte à la minorité, qu’à la prééminence de sa force physique.

Un gouvernement, où la majorité règne dans tous les cas, ne peut être fondé sur la justice, même telle que les hommes l’entendent.

Ne peut-il exister de gouvernement où ce ne seraient pas les majorités qui trancheraient du Bien ou du mal, mais la conscience?

Le citoyen doit-il jamais, un seul instant, abdiquer sa conscience au législateur? Alors, à quoi bon la conscience individuelle?

Je crois que nous devrions d’abord être des hommes  et ensuite des sujets.

Il n’est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi et pour le Bien.

La seule obligation qui m’incombe est de faire Bien.

Un groupement d’hommes n’a pas de conscience, mais un groupement d’hommes consciencieux devient un groupement doué de conscience.

La loi n’a jamais rendu les hommes un brin plus justes, et par l’effet du respect qu’ils lui témoignent les gens les mieux intentionnés se font, chaque jour, les commis de l’injustice.

Le résultat courant et naturel d’un respect indû pour la loi, c’est que l’on peut voir une file de militaires, colonel, capitaine, caporal et simples soldats, enfants de troupe et toute la clique, marchant au combat par monts et par vaux dans un ordre admirable contre leur gré, - que dis-je? - contre leur bon sens et contre leur conscience.

La masse des hommes sert l’État, non point en humains, mais en machines avec leur corps.

C’est eux l’armée permanente, et la milice, les geôliers, les gendarmes, la force publique, etc. La plupart du temps sans exercer du tout leur libre jugement ou leur sens moral; au contraire, il se ravalent au niveau du bois, de la terre et des pierres et l’on doit pouvoir fabriquer de ces automates qui rendront le même service. Ceux-là ne commandent pas plus le respect qu’un bonhomme de paille ou une motte de terre. Ils ont la même valeur marchande que des chevaux et des chiens. Et pourtant on les tient généralement pour de bons citoyens. D’autres, comme la plupart des législateurs, des politiciens, des juristes, des ministres et des fonctionnaires, servent surtout l’État avec leur intellect et, comme ils font rarement de distinctions morales, il arrive que sans le vouloir, ils servent le Démon aussi bien que Dieu.

Une élite, les héros, les patriotes, les martyrs, les réformateurs au sens noble du terme, et des hommes, mettent aussi leur conscience au service de l’État et en viennent forcément, pour la plupart à lui résister.

Ils sont couramment traités par lui en ennemis. Un sage ne servira qu’en sa qualité d’homme et ne se laissera pas réduire à être «la glaise» qui «bouche le trou par où soufflait le vent»; il laisse ce rôle, pour le moins, à ses cendres.

Je suis de trop haut lieu pour me laisser approprier, pour être un subalterne sous contrôle, le valet et l’instrument commode d’aucun État souverain de par le monde.

Celui qui se voue corps et âme à ses semblables passe à leurs yeux pour un bon à rien, un égoïste, mais celui qui ne leur voue qu’une parcelle de lui-même est salué des titres de bienfaiteur et philanthrope.

Quelle attitude doit adopter aujourd’hui un homme face au gouvernement américain? Je répondrai qu’il ne peut sans déchoir s’y associer. Pas un instant, je ne saurais reconnaître pour mon gouvernement cette organisation politique qui est aussi le gouvernement de l’esclave.

Tous les hommes reconnaissent le droit à la révolution, c’est-à-dire le droit de refuser fidélité et allégeance au gouvernement et le droit de lui résister quand sa tyrannie ou son incapacité sont notoires et intolérables.

Quand la friction en arrive à avoir sa machine et que l’oppression et le vol sont organisés, alors je dis «débarrassons-nous de cette machine».

Lorsqu’un sixième de la population d’une nation qui se prétend le hâvre de la liberté est composé d’esclaves, et que tout un pays est injustement envahi et conquis par une armée étrangère et soumis à la loi martiale, je pense qu’il n’est pas trop tôt pour les honnêtes gens de se soulever et de passer à la révolte. Ce devoir est d’autant plus impérieux si ce n’est pas notre pays qui est envahi, mais que c’est nous l’envahisseur.

«Aussi longtemps que l’intérêt de toute la société l’exige, c’est-à-dire tant que l’on ne peut résister au gouvernement établi ou le changer sans troubler l’ordre public, la Volonté de Dieu est d’obéir au gouvernement établi.»

Si j’ai injustement arraché une planche à l’homme qui se noie, je dois la lui rendre au risque de me noyer (…) Celui qui, dans un tel cas, voudrait sauver sa vie, la perdrait.

Je ne cherche pas querelle à des ennemis lointains mais à ceux qui, tout près de moi, collaborent avec ces ennemis lointains et leur sont soumis: privés d’aide, ces gens-là seraient inoffensifs.

(…) Le progrès est lent, parce que l’élite n’est, matériellement, ni plus avisée ni meilleure que la masse.

Le plus important n’est pas que vous soyez au nombre des bonnes gens mais qu’il existe, quelque part, une bonté absolue, car cela fera lever toute la pâte.

Il y a des milliers de gens qui, par principe, s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui, en pratique, ne font rien pour y mettre un terme.

Quel est le cours d’un honnête homme et d’un patriote aujourd’hui? L’on tergiverse, l’on déplore et quelquefois l’on pétitionne, mais l’on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif. L’on attend, avec bienveillance, que d’autres remédient au mal, afin de n’avoir plus à le déplorer. Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché, un maigre encouragement, un «Dieu vous assiste» à la justice quand elle passe.

Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux. Mais il est plus facile de traiter avec le légitime possesseur d’une chose qu’avec son gardien provisoire.

Tout vote est une sorte de jeu, comme les échecs ou le trictrac, avec, en plus, une légère nuance morale où le bien et le mal sont l’enjeu; les problèmes moraux et les paris, naturellement l’accompagnent.

Même voter pour ce qui est juste, ce n’est rien faire pour la Justice. Cela revient à mollement exprimer votre désir qu’elle l’emporte.

Un sage n’abandonne pas la justice aux caprices du hasard; il ne souhaite pas non plus qu’elle l’emporte par le pouvoir d’une majorité.

Il y a bien peu de vertu dans l’action des masses humaines.

Lorsque, à la longue, la majorité votera pour l’abolition de l’esclavage, ce sera soit par indifférence à l’égard de l’esclavage, soit pour la raison qu’il ne restera plus d’esclavage à abolir par le vote. Ce seront eux, alors, les véritables esclaves.

Seul peut hâter l’abolition de l’esclavage, celui qui, par son vote, affirme sa propre liberté.

Oh! Que ne puis-je trouver un homme, un vrai, comme dit l’autre, pas une chiffe que l’on retourne comme un gant!

L’Américain s’est réduit à n’être qu’un «membre affilié» — type reconnaissable à l’hypertrophie de son sens grégaire et à un manque manifeste d’intellect et d’allègre confiance en soi — dont le premier et le principal souci en venant au monde est de veiller à l’entretien des Hospices et — avant même d’avoir endossé comme il se doit la Toge virile — de s’en aller ouvrir une souscription pour le soutien des veuves et des orphelins éventuels; qui, en un mot, ne s’aventure à vivre que soutenu par sa Compagnie d’Assurances Mutuelles, en échange de la promesse d’un bel enterrement.

Ce n’est une obligation pour personne, bien sûr, de se vouer à l’extirpation de tel ou tel mal, aussi criant et injuste soit-il; l’on peut très bien se consacrer à d’autres poursuites; mais qu’au moins l’on ne s’en lave pas les mains: ne pas accorder à ce mal d’attention soutenue ne veut pas dire qu’il faille lui accorder un appui de fait.

Si je me livre à d’autres activités, à d’autres projets, il me faudrait au moins veiller d’abord à ne pas les poursuivre juché sur les épaules d’autrui. Je dois d’abord en descendre pour permettre à mon prochain de poursuivre, lui aussi, ses projets.

Sous le nom d’Ordre et de Gouvernement Civique, nous sommes tous amenés à rendre hommage et allégeance à notre propre médiocrité. L’on rougit d’abord de son crime et puis l’on s’y habitue; et le voilà qui d’immoral devient amoral et non sans usage dans la vie que nous nous sommes fabriquée.

L’erreur la plus vaste et la plus répandue exige, pour la soutenir, la vertu la plus désintéressée.

Le léger reproche auquel se prête d’habitude la vertu de patriotisme, ce sont les âmes nobles qui sont les plus susceptibles de l’encourir.

Les gens qui, tout en désapprouvant le caractère et les mesures d’un gouvernement, lui concèdent leur obéissance et leur appui sont sans conteste ses partisans les plus zélés et, par là, fréquemment, l’obstacle le plus sérieux aux réformes.

Comment peut-on se contenter d’avoir tout bonnement une opinion et se complaire à ça?

Quel plaisir peut-on trouver à entretenir l’opinion que l’on est opprimé?

Si votre voisin vous refait, ne serait-ce que d’un dollar, vous ne vous bornez pas à constater, à proclamer qu’il vous a roulé, ni même à faire une pétition pour qu’il vous restitue votre dû; vous prenez sur-le champ des mesures énergiques pour rentrer dans votre argent et vous assurer contre toute nouvelle fraude.

L’action fondée sur un principe, la perception et l’accomplissement de ce qui est juste, voilà qui change la face des choses et des relations; elle est révolutionnaire par essence, elle n’a aucun précédent véritable.

Il existe des lois injustes: consentirons-nous à leur obéir? Tenterons-nous de les amender en leur obéissant jusqu’à ce que nous soyons arrivés à nos fins — ou les transgresserons-nous tout de suite?

En général, les hommes, sous un gouvernement comme le nôtre, croient de leur devoir d’attendre que la majorité se soit rendue à leurs raisons. Ils croient que s’ils résistaient, le remède serait pire que le mal; mais si le remède se révèle pire que le mal, c’est bien la faute du gouvernement. C’est lui le responsable.

Pourquoi n’est-il pas plus disposé à prévoir et à accomplir des réformes? Pourquoi n’a-t-il pas d’égards pour sa minorité éclairée? Pourquoi pousse-t-il les hauts cris et se défend-il avant qu’on le touche?

Pourquoi n’encourage-t-il pas les citoyens à rester en alerte pour lui signaler ses erreurs et améliorer ses propres décisions? Pourquoi crucifie-t-il toujours le Christ? Pourquoi excommunie-t-il Copernic et Luther et dénonce-t-il Washington et Franklin comme rebelles?

L’on dirait que le refus délibéré et effectif de son autorité est le seul crime que le gouvernement n’ait jamais envisagé, sinon pourquoi n’a-t-il pas mis au point de châtiment défini, convenable et approprié?

Si un homme qui ne possède rien refuse, ne serait-ce qu’une fois, de gagner un dollar au profit de l’État, on le jette en prison pour une durée qu’aucune loi, à ma connaissance, ne définit et qui est laissée à la discrétion de ceux qui l’y ont envoyé; mais vole-t-il mille fois un dollar à l’État qu’on le relâche aussitôt.

Si l’injustice a un ressort, une poulie, une corde ou une manivelle qui lui est spécialement dévolue, il est peut-être grand temps de se demander si le remède n’est pas pire que le mal ; mais si, de par sa nature, cette machine veut faire de nous l’instrument de l’injustice envers notre prochain, alors je vous le dis, enfreignez la loi.

Que votre vie soit un contre-frottement pour stopper la machine.

Il faut que je veille, en tout cas, à ne pas me prêter au mal que je condamne.

Quant à recourir aux moyens que l’État a prévus pour remédier au mal, ces moyens-là, je n’en veux rien savoir. Ils prennent trop de temps et la vie d’un homme n’y suffirait pas. J’ai autre chose à faire.

Si je suis venu au monde, ce n’est pour le transformer en un lieu où il fasse bon vivre, mais pour y vivre, qu’il soit bon ou mauvais.

Un homme n’a pas tout à faire mais quelque chose, et qu’il n’ait pas la possibilité de tout faire ne signifie pas qu’il doive faire quelque chose de mal.

Je n’hésite pas à le dire: ceux qui se disent abolitionnistes devraient, sur-le-champ, retirer tout de bon leur appui, tant dans leur personne que dans leurs biens, au gouvernement (…).

S’ils [les êtres humains] écoutent la Voix de Dieu ils n’ont nul besoin, me semble-t-il, de compter sur une autre voix.

Tout homme qui a raison contre les autres, constitue déjà une majorité d’une voix.

Le gouvernement (…) ou son représentant (…), je le rencontre directement, et face à face, une fois l’an — pas plus — en la personne de son percepteur; c’est la seule forme sous laquelle un homme dans ma condition rencontre forcément l’État qui me dit alors clairement: «Reconnais-moi.» Alors, dans ce cas, la manière la plus simple, la plus efficace et, dans la conjoncture actuelle, la manière la plus urgente de traiter avec lui de la question, et d’exprimer la maigre satisfaction et tendresse qu’il nous inspire, c’est de le désavouer sur l’heure.

Je suis convaincu que si un millier, si une centaine, si une dizaine d’hommes - que je pourrais nommer —, si seulement dix honnêtes gens — que dis-je? -, si un seul honnête homme cessait, dans notre État (…), de garder des esclaves, venait vraiment à se retirer de cette confrérie, quitte à se faire jeter dans la prison du Comté, cela signifierait l’abolition de l’esclavage (…).

Peu importe qu’un début soit modeste: ce qui est bien fait au départ est fait pour toujours.

Sous un gouvernement qui emprisonne quiconque injustement, la véritable place d’un homme juste est aussi en prison.

La place qui convient aujourd’hui, la seule place que le gouvernement ait prévue pour ses esprits les plus libres et les moins abattus, c’est la prison d’État.

C’est [la prison], au sein d’un État esclavagiste, le seul domicile où un homme libre puisse trouver un gîte honorable.

S’il y en a pour penser que leur influence y perdrait [à se trouver en prison] et que leur voix ne blesserait plus l’oreille de l’État, qu’ils n’apparaîtraient plus comme l’ennemi menaçant ses murailles, ceux-là ignorent de combien la vérité est plus forte que l’erreur, de combien plus d’éloquence et d’efficacité est doué dans sa lutte contre l’injustice l’homme qui l’a éprouvée un peu dans sa personne même.

Donnez tout votre vote, pas seulement un bout de papier, mais toute votre influence.

Une minorité ne peut rien tant qu’elle se conforme à la majorité ; ce n’est même pas alors une minorité. Mais elle est irrésistible lorsqu’elle fait obstruction de tout son poids.

S’il n’est d’autre alternative que celle-ci: garder tous les justes en prison ou bien abandonner la guerre et l’esclavage, l’État n’hésitera pas à choisir.

Si un millier d’hommes devaient s’abstenir de payer leurs impôts cette année, ce ne serait pas une initiative aussi brutale et sanglante que celle qui consisterait à les régler, et à permettre ainsi  l’État de commettre des violences et de verser le sang innocent. Cela définit, en fait, une révolution pacifique, dans la mesure où pareille chose est possible.

Si le percepteur ou quelque autre fonctionnaire me demande, comme ce fut le cas: «Mais que dois-je faire?», je lui réponds: «Si vous voulez vraiment faire quelque chose, démissionnez!»

Quand le sujet a refusé obéissance et que le fonctionnaire démissionne, alors la révolution est accomplie. Même à supposer que le sang coule.

N’y a-t-il pas effusion de sang quand la conscience est blessée? Par une telle blessure s’écoulent la dignité et l’immortalité véritable de la personne humaine qui meurt, vidée de son sang pour l’éternité. Je vois ce sang-là couler aujourd’hui.

Suite 2/2 des Extraits de

"La Désobéissance civile"

de Henry David Thoreau

Par Art de Vivre Juste - Publié dans : L'Art de Vivre Juste
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Dimanche 14 janvier 2007

La Conformité aux Lois

 

L'écologie ou, plus précisément ici, la vie écologique, c’est-à-dire un mode de vie écologique, c’est quoi?

C’est, tout simplement, une formulation moderne, partant d’en bas, de la Conformité aux Lois de la Nature.

Que cela plaise ou non, les Lois existent et personne ne peut le{s} nier. Tout En Haut, en fait, il n’y en a qu’Une, mais les effets de cette Loi Unique, en se ramifiant vers le bas, se diversifient toujours plus, de sorte que ce qui est Un au Sommet devient jusqu’à Mille tout en bas. (Par exemple, dans la formulation remontante: «Et Mille Ans sont comme un Jour!»[1]) 

Lorsque nous nous tenons tout en bas, dans la matière, il y a donc beaucoup plus de Lois à reconnaître que lorsque nous nous tenons tout en haut (= le plus haut pour nous).

Notre examen et notre réflexion «écologiques», ici, partent donc d’en bas pour remonter vers l’Uni{ci}té première. À l’inverse, le point de vue spirituel des spiritualités et des religions part du haut et s’efforce de déterminer, à partir de là, un comportement pour en bas.

Mais ce qui  nous intéresse ici c’est d’observer les comportements de ceux qui partent d’en haut, les présumés «spirituels», par comparaison avec ceux qui partent d’en bas les seuls «écologi/ques/stes».

Il y a aussi des spirituels écologiques ou des écologiques spirituels, mais ceux-là sont beaucoup plus rares.

Dans les écologi/stes/ques l’on pourrait encore déterminer les seuls théoriciens (écologistes vivant en appartement en ville et limitant leur activité écologique concrète à arroser leurs plantes vertes sur leur balcon) de ceux qui vivent réellement dans les «boutoucoats»[2], c’est-à-dire les pieds et le reste dans la glaise.

La démarche écologique est, certes, plus modeste que la démarche spirituelle, mais elle est souvent aussi plus authentique, parce que l’écologie n’a pas, derrière elle, comme la religion, des siècles et des millénaires d’hypocrisie.

Que peut-on, parfois, reprocher à la démarche exclusivement écologique ou plutôt à une partie de ses adeptes? De ne pas remonter assez haut dans la chaîne des causes, de sorte à vouloir s’arrêter aux limites de la matière et de l’appréhension exclusivement intellectuelle. Ils ont, certes, les pieds dans la glaise, mais ils ne veulent pas regarder en direction du Ciel.

Mais, à l’inverse, que peut-on reprocher à la démarche spirituelle ou plutôt au comportement de la très grosse partie de ses adeptes ? De ne pas descendre assez bas dans leur démarche, de sorte à vouloir se borner à planer dans les sphères de l’esprit sans véritable connexion avec le réel de leur vie quotidienne. Bref, de refuser le réel de la Terre, de manquer de Cohérence.

Ceci nous amène à dire qu’entre le partisan sincère et actif d’une vie écologique et le «planeur spirituel» refusant, au nom de celui-ci, d’incarner son présumé Idéal dans la réalité matérielle concrète nous préférons miser sur l’«écologique», parce que sa sincérité et sa volonté de cohérence le conduiront nécessairement, un jour, à reconnaître aussi la Réalité spirituelle qui, à l’envers de la tapisserie, sous-tend la Démarche proprement écologique.

Du fait que les «spiritualistes» ont souvent  beaucoup reçu mais donnent peu, l’inverse est beaucoup moins assuré. Car, souvent, ce sont des «Schwärmer»[3], c’est-à-dire, en français, des rêveurs exaltés. Prompts à s’enthousiasmer  pour des rêveries, leurs chimères demeurent en l’état et débouchent rarement sur l’épreuve de l’action.

Ils préfèrent adorer Dieu dans leur tour d’ivoire, mais ils oublient que la véritable Adoration de Dieu ne s’exprime fondamentalement pas par des torsions de mains et des génuflexions mais bien par l’Action consciente et reconnaissante au Service de la Volonté parfaite du grand Créateur de Tout ce qui existe.

Le grand poète-écrivain Victor Hugo l’avait parfaitement compris lorsqu’il disait: «Accepte, ô mon Dieu, mon travail pour Prière».

Car la Démarche authentiquement spirituelle inclut tout naturellement (c’est le cas de dire!) toutes les dimensions et tous  les aspects de l’existence, y compris les plus terrestres, et lorsque l’être – le germe d’esprit en cours d’évolution – est incarné dans la chair, son mode de vie, s’il veut être réellement spirituel, doit, lui aussi, être rigoureusement conforme aux Lois.

Considérons donc, maintenant, de plus près, un être se considérant comme spirituel et croyant en Dieu.

Il pratique, certes, un culte dominical, mais que fait-il le restant de la semaine?

Il habite, peut-être, une maison confortable, avec le label «Promotelec» tout électrique avec 80% d’origine nucléaire et bien isolée et traitée avec des matériaux bien chimiques.

À moins qu’il ne se chauffe au pétrole, bientôt en voie de disparition…

Il a sûrement une belle voiture crachant des poussières et du CO2 dans l’air…

Il exerce sûrement un bon métier, cadre dans une entreprise de pointe ou peut-être fonctionnaire dans une administration étatique, exécutant soigneusement tous les ordres reçus…

Bref, il est bien inclus dans le système. Le système technicien si bien décrit par Jacques Ellul, mis en place par l’omnipotent intellect humain, «Babylone» dans l’Apocalypse.

Tout cela l’on ne saurait le lui reprocher une seule seconde mais à une seule condition, qu’il réponde oui à la question: Faites-vous tous les efforts possibles pour en sortir?

Que devrait-il faire, l’être humain croyant en Dieu et se voulant spirituel?

Il devrait, tout d’abord, correctement s’efforcer de terrestrement s’adapter aux Vibrations des Lois divines. Jamais il ne peut contourner ces Lois sans gravement se nuire, à lui-même ainsi qu’à son entourage.

Les lois terrestres devraient elles-mêmes être instaurées en fonction des Lois de la Nature, tout logiquement découler d'elles.

Alors surviendraient enfin la Paix et le Bonheur favorisant l'édification tant espérée; autrement, tout effort est complètement vain et même les intellect{uel}s les plus habiles se cassent les dents, de sorte que c’est l'échec assuré.

Si l’on veut bien s’y rendre attentif, la Conformité aux Lois[4] a, depuis des millénaires, été enseignée aux êtres humains. Les Prophètes ne parlaient pas d’autre chose ni, non plus, le Message du Christ.

Mais que signifie «s’efforcer de terrestrement s’adapter aux Vibrations des Lois divines» si ce n’est vivre de façon écologique? La formulation, certes, diffère, mais le résultat final est exactement le même.

Alors, si quelqu’un est allergique au discours spirituel (l’on se demande, du reste, pourquoi ; le plus souvent, la responsabilité en incombera aux faux comportements des églises, qui, par de longs siècles d’inquisition et d’hypocrisie, se sont largement décrédibilisées – ce qui en soi ne serait pas une catastrophe – et ont - ce qui est beaucoup plus grave - décrédibilisé avec elles le Message dont elles étaient censées être porteuses), alors parlons un discours écologique, cela reviendra au même, même s’il faut ensuite un certain temps pour que les adeptes du discours écologique en viennent à en prendre conscience.

Un peu de Métaphysique…

Mais de quoi les volontaires pour devenir des serviteurs de la vraie Vie doivent-ils arriver à prendre conscience?

Ils doivent devenir conscients que:

Servir la Vie ne signifie, en réalité, rien d'autre qu'accomplir le meilleur en tant que soi-même.

En effet, tout acte accompli se tenant en harmonie avec la Lumière de la Vie – Laquelle est aussi la Force animant tout - apporte uniquement Joie, Paix et Bonheur!

Et de cela jouit exclusivement celui qui s'efforce d'avancer vers cette Lumière de la Vie. Si l'être humain obéit au fait que la Lumière existe – et force est de La reconnaître puisque nous sommes tout le temps en Elle -, c'est-à-dire si l’être humain se dirige d'après l'Effet produit par cette Lumière sur lui, alors il n'y trouve{ra} toujours que Bénédiction, Force et Harmonie. C’est un Travail intérieur à accomplir tous les jours.

Du fait que la Lumière est, tout le reste est posé. Cela détermine tout, sans poser plus d'exigence. La Lumière est. Là réside la Clef pour tout. La Lumière est l'unique vraie Vie. Rien d'autre n'est la Vie ou n'a de vie propre, en dehors de la Lumière Elle-même.

Considérons le Soleil. Il est pour les Terriens une Réalité absolument incontournable. C’est lui qui, par sa Lumière, active tout dans le système solaire. Il est la Lumière, la Force et la Vie de tout le système solaire. Il est aussi une représentation en miniature de ce qu’est la Lumière Originelle pour tout ce qui existe.

Et cette Lumière Originelle est entièrement contenue en Elle-même, Elle est totalement indépendante de tout, tandis qu’au contraire tout le reste est absolument dépendant d'Elle.

Mais la Lumière avec la Vie qu’Elle est aussi exerce, bien sûr, un Effet pouvant être appelé Irradiation, Laquelle, sans s'arrêter ni s'interrompre, avance, et, de par la vivacité de sa Lumière, agit si fortement qu'Elle est semblable à un Ensemble de Lois extrêmement agissantes, des Lois auxquelles absolument tout ce qui veut avoir une existence permanente, une constante possibilité de vivre doit inconditionnellement se soumettre.

Qui pourrait prétendre exister, dans le système solaire, sans le Soleil!?! C’est bien évidemment impossible.

Et pourtant, pas davantage qu’une quelconque exigence n'émane du Soleil, aucune exigence n’émane, non plus, de la Lumière Originelle conditionnant tout, mais, tout simplement, Elle est! Et, en vérité, Elle est vivante! Elle est l'unique «Chose», ou Réalité, qui, de manière indépendante, soit réellement vivante.

L'être humain est autorisé à vivre dans cet Univers où il se trouve, oui; pourtant, il n'est pas pour autant la Vie Elle-même, mais il a seulement reçu sa vie de la Lumière, de la Vie, qui, en cadeau gratuit, l’a lui a donnée!

Tout comme, parce qu’il ne peut lui-même être son propre père ou sa propre mère, un enfant doit sa vie terrestre à ses parents, l'être humain, de façon générale, demeure donc ainsi constamment débiteur envers la Vie, tout simplement par qu’il n’est pas lui-même la Vie et ne pourra, non plus, jamais l’être, tout simplement parce qu'il est né d'Elle.

Ce qui, maintenant, se forme à partir des effets de la Lumière Vivante, ou de la Vie Lumineuse - car la Lumière est Vie et la Vie est Lumière -, cela doit soit s'harmoniser avec les Irradiations de la Lumière existante soit, au contraire, s'y heurter.

En cas d'Harmonie avec la Lumière, ce qui s’est formé à partir de ce Rayonnement est élevé par cette Force, attiré, et reçoit ainsi une vie joyeuse, un éternel renouveau. Cependant, ce qui s'y heurte est violemment repoussé, arrive dans des souffrances et des afflictions, et doit, pour finir, en demeurant complètement à l'écart, dépérir et disparaître.

Pour qui veut vivre, il convient donc de s’harmoniser avec la Lumière, la Vie, la Force, c’est-à-dire être naturel.

Être naturel signifie vivre dans la Conformité aux Lois.

Être naturel signifie développer son propre sens de la Beauté et vivre en fonction de lui.

Être naturel signifie aller vers le Haut, aspirer vers le haut.

Car, dans le naturel, tout aspire uniquement vers le haut, ainsi que le fait tout ce qui vit naturellement, comme le plus petit brin d'herbe, chaque fleur, chaque arbre.

Et si l’être humain était fait pour cela: faire en sorte que tout s’élève, naturellement, Là-Haut, vers la Lumière!?!

Cela doit être cela, L’Art de Vivre Juste

 


[1] « Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c'est que, devant le Seigneur, un Jour est comme Mille Ans, et Mille Ans sont comme un Jour ». - Deuxième épître de Pierre – Verset 8 -.

[2] «sabot(s)» en langue bretonne.

[3] Mot allemand signifiant quelque chose comme «bourdonnant comme un essaim d’abeilles».

[4] En langue allemande: «Gesetzmäßigkeit», un seul mot.

Par Art de Vivre Juste - Publié dans : Conformité aux Lois
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Lundi 1 janvier 2007
Bienvenue à vous
qui êtes en Quête
d'une vie juste!

La vie juste c'est la vie conforme aux Lois.
Aux Lois de la Nature.

L'objet de ce site sera donc la recherche
d'une vie toujours plus conforme
aux Lois de la Nature.

Pour cela, le premier effort vise
à reconnaître les Lois.

Car personne ne peut observer les Lois
s'il ne les connaît pas.

La Nature elle-même est le champ d'observation privilégié
en vue de la Reconnaissance des Lois.

Etroitement liée à la Nature est notre Terre-Mère.
Connaître sa Terre c'est donc reconnaître sa Mère d'en bas.

Une fois la reconnaissance de la Terre-Mère effectuée
peut ensuite s'opérer la Reconnaissance du Père-Ciel
au-dessus de nos têtes.

Dans la double Reconnaissance l'être humain
peut alors enfin {re}devenir ce qu'il aurait dû toujours être:
un Trait d'Union entre le Ciel et la Terre!


 
Par L'Art de Vivre Juste - Publié dans : L'Art de Vivre Juste
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«Si vous avez envie de faire quelque chose et que
vous êtes capable de le faire, éh bien ... faites-le!»


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